Construire des ponts entre santé et éducation

Conférence « ADOLESCENT HEALTH COMING OF AGE »

ASCOT,  18/19 SEPTEMBRE 2019

La Conférence « Adolescent Health – Coming of Age », organisé par le RCPCH (College Royal de Pédiatrie et de Santé de l’enfant) et le SAHM (Société pour la santé et la médecine de l’adolescent) a été un temps fort de partage des connaissances et des expériences entre acteurs engagés pour la santé des adolescents. La conférence a réuni des professionnels, des chercheurs et des universitaires pour faire le point des connaissances sur le soin et la prévention et pour présenter de nouvelles idées et innovations.

Didier Jourdan (Titulaire de la Chaire UNESCO ÉducationS &et Santé) et Nicolas Gray Celino (Vice Présidente de l’Association Internationale pour la Santé des Adolescents (IAAH) pour l’Europe), ont animé un atelier intitulé : « Mettre en œuvre les interventions de santé en milieu scolaire dans le monde réel : le rôle des professionnels de la santé ? » Le but de l’atelier était d’explorer les leviers et les obstacles à la mise en œuvre des interventions en milieu scolaire, pour promouvoir la santé mentale et physique. De quelles données probantes disposons-nous sur les interventions et les modalités de généralisation ? Quel rôle jouent  les professionnels de la santé dans la mise en œuvre de ces interventions ?

Le séminaire a permis de montrer que l’enjeu est de permettre à chaque école de promouvoir la santé des jeunes en agissant sur les déterminants de la santé et des inégalités de deux façons :

  1. Agir sur les conditions de vie qui influencent la santé : l’environnement physique et social, l’accès à aux services adaptés (santé, social, éducation) ;
  2. Éduquer les élèves afin de donner à chacun les moyens (connaissances, attitudes, comportements et compétences) de prendre soin de sa propre santé de manière autonome et responsable.

Pour être véritablement intégrée dans la vie des écoles, la démarche de la promotion de la santé à l’école doit être liée à deux grands chantiers : – Rendre les écoles plus inclusives et plus équitables dans le but d’assurer la réussite scolaire de tous les enfants et adolescents ; – Contribuer à l’émergence d’une citoyenneté renouvelée en référence à l’éducation au développement durable.

Les réformes des programmes, mises en œuvre trop rapidement et sans se soucier assez de leur intégration dans la diversité des contextes professionnels, sont vouées à l’échec si les stratégies ne reposent pas sur une théorie du changement des pratiques professionnelles. En effet, les caractéristiques des programmes ne sont pas le seul facteur critique : il faut également prendre en compte la motivation et capacité à agir du personnel scolaire, des directeurs, des enseignants et des professionnels de santé.

Compte tenu du fait que d’une part,  nous ne partons pas de zéro, et que d’autre part, la culture et les contextes scolaires sont différents les uns des autres, la question-clé est davantage d’améliorer la qualité et les résultats du service fourni aux élèves que de mettre en œuvre un programme spécifique à suivre étape par étape. L’essentiel est d’améliorer, dans chaque école, la qualité du service éducatif offert à TOUS les élèves notamment les plus vulnérables.

Pour y parvenir, construire des ponts entre l’éducation et la santé apparait comme décisif.