Renouveler le cadre de la promotion de la santé : les axes de recherche et de réflexion

Renouveler le cadre de la promotion de la santé : les axes de recherche et de réflexion

Contexte et re-définition du champ

La promotion de la santé, l’éducation à la santé et la prévention sont des pratiques sociales qui renvoient à des stratégies, c’est-à-dire des ensembles d’actions coordonnées et intersectorielles fédérant les différents acteurs de la santé, de l’éducation, du social, des politiques locales et du champ associatif. Ces stratégies ont comme visée d’accompagner le changement social en faveur de l’amélioration de la santé de tous et de la réduction des inégalités. Pour cela, deux types d’action synergiques et complémentaires doivent être mises en oeuvre  : une action sur les écosystèmes de vie des personnes (action sur les déterminants de la santé : environnement, accès aux services) et le développement des capacités des personnes engagées.

La promotion de la santé comme maillage de quatre différentes pratiques sociales

La promotion de la santé articule plusieurs types de “faire”, de pratiques sociales : celles des gens, celles des professionnels et des différents intervenants en promotion de la santé, celles des acteurs politiques et institutionnels et enfin celles des innovateurs (chercheurs, agences des Nations Unies). Ce qui caractérise la promotion de la santé, ce n’est donc pas la mise en oeuvre d’une théorie mais l’articulation de ces quatre pratiques sociales. Ces quatre pratiques resteront cependant toujours dépendantes de la première, à savoir celles des personnes, car ce seront les personnes elles-mêmes qui produiront leur santé, quels que soient les dispositifs qui sont créés autour d’eux. D’où cet impératif de promouvoir la santé non pour les gens mais avec les gens.

Vers une écologie des savoirs

La promotion de la santé se situe à la jonction et mobilise plusieurs types de savoirs : savoirs des individus, savoirs des acteurs du domaine, savoirs des politiques et des institutions et savoirs des scientifiques et universitaires. Nos décisions en matière de santé sont le fruit de logiques complexes mêlant les champs de ces différents savoirs. La promotion de la santé se doit de penser l’écologie de ces savoirs : tout d’abord reconnaître la diversité et la valeur intrinsèque de chacun de ces savoirs et ensuite chercher à les mettre en lien de façon cohérente. Il s’agit là d’une condition nécessaire pour une éthique globale des interventions en santé, respectueuse des différents ancrages culturels et sociaux des savoirs, mais aussi d’une démarche indispensable pour tendre vers une réelle efficacité des dispositifs.

Dépasser la science des problèmes pour produire une science des solutions








Conférence magistrale de Didier Jourdan à l’Ecole de Santé Publique de Montréal (ESPUM)

Lors de sa conférence magistrale à l’École de Santé Publique de Montréal le 30 janvier 2019, Didier Jourdan précisait les enjeux et la nécessité de ce re-questionnement des fondements épistémologiques de la recherche en promotion de la santé.





En savoir plus :

Renouveler le cadre de la promotion de la santé : une pluralité de regards sur la promotion de la santé

Un séminaire pour re-questionner le cadre de la promotion de la santé

Séminaire “Contribuer au renouvellement du cadre épistémologique et éthique de la promotion de la santé” – Les 5 et 6 juin 2019 à l’Université Clermont Auvergne.