Absentéisme et réflexions finales / Suggestions

4 juin 2020

Démarches locales, régionales, nationales de réouverture des écoles – second rapport d’analyse.


Résumé

  • Des niveaux d’absentéisme significatifs mais variables parmi les élèves et dans une moindre mesure parmi les enseignants ont été rapportés. Les raisons invoquées sont la peur de la contamination, le risque encouru jugé inacceptable pour les personnes atteintes de maladie chronique, les difficultés pour les familles à organiser un accueil scolaire à temps partiel avec le travail parental et la garde des enfants.
  • Comme la rescolarisation n’était pas obligatoire, il était trop facile pour les élèves et leur famille de poursuivre la scolarité à la maison plutôt que de retourner à l’école.
  • Des inquiétudes ont été exprimées concernant l’absentéisme parmi les élèves vulnérables et les lacunes en matière d’éducation qui pourraient en découler.
  • Des réflexions finales de répondants à l’enquête ont mis en évidence l’interrelation entre le retour à l’école et d’autres aspects du rétablissement de la population après la pandémie.
  • Le système scolaire hybride a posé des problèmes au parents qui ont dû reprendre un travail à plein temps et organiser la garde de leurs enfants.
  • L’expérience acquise dans le cadre de ce processus pourrait servir à améliorer la prochaine transition en faisant confiance au personnel local, en reconnaissant ses efforts jusqu’à présent, en donnant des décisions claires et cohérentes et en soutenant le personnel et les étudiants en leur apportant des équipements, des informations et des formations.

On pourrait améliorer la réponse aux crises futures en renforçant la résilience de la population en matière de santé mentale et physique et en réorganisant les systèmes de prévention et de santé publique.


Réflexions sur l’absentéisme

Finlande – https://valtioneuvosto.fi/en/article/-/ass
et_publisher/1271139/stm-n-kirje-
aluehallintovirastoille-oppilaitosten-
tiloissa-noudatettava-valjyys-ja-
hygieniaohjeita

La plupart des répondants ont signalé l’absentéisme des élèves et du personnel, même si un certain nombre ont déclaré que tous les enseignants étaient revenus. La raison la plus couramment suggérée pour cet absentéisme était la peur de l’infection. Certains ont dit que cela était lié à un manque de confiance envers les autorités, et que les médias jouaient un rôle dans la propagation de cette anxiété. Une autre raison invoquée était qu’il y avait parmi les enseignants et les élèves des personnes à haut risque de complications graves de l’infection – principalement ceux qui souffrent de maladies chroniques. Certains ont fait allusion aux difficultés pour les parents – le fait que le retour à l’école se fasse à temps partiel a rendu leur travail et la garde des enfants très difficiles à gérer.

Le fait également que les gouvernements ne rendent pas obligatoire la fréquentation scolaire a donné aux familles la possibilité de poursuivre la scolarité à la maison et aux élèves celle de ne pas retourner en classe. Toutes ces raisons ont rendu difficile le rétablissement d’une scolarité normale. Des préoccupations spécifiques ont été exprimées concernant le non-retour à l’école des enfants de familles difficiles à joindre et des lacunes qui en résultent en matière d’éducation.

Le personnel vulnérable reste à la maison, de même que les étudiants. Certaines écoles doivent faire face à l’anxiété des parents, qui ont peur d’envoyer leurs enfants à l’école. (Pays-Bas)

Très peu d’absences du personnel, mais certains élèves vulnérables semblent avoir du mal à retrouver le chemin de la routine scolaire habituelle. (Belgique)

Au niveau des enseignants, l’absentéisme est très dépendant de l’état d’esprit des équipes et en particulier de la perception des risques par le directeurs et les principaux. L’absentéisme est important pour les enfants dans certains secteurs défavorisés du fait d’une méfiance par rapport au discours “officiel” et des craintes de contamination difficiles à lever. (France, Provence-Alpes-Côte d’Azur)

La politique d’absentéisme a récemment changé à cause de la Covid-19 et celui-ci est autorisé pour raisons de santé Grèce)

Oui, personne fragile et garde d’enfants pour les personnels, problème d’organisation – famille/travail pour les parents d’élèves (au début il n’y avait pas de garderie le matin ou le soir). (France, Auvergne-Rhône-Alpes)

La peur à travers le discours des médias décourage les familles et les collègues vulnérables. (France, Normandie)

Autres suggestions et réflexions de la part des répondants

Dans les réflexions et commentaires finaux, le retour à l’école est considéré par les répondants comme un aspect important du rétablissement du pays après la pandémie. Cela signifie qu’il comporte des risques aussi bien que des avantages, et qu’il est relié à de nombreux autres aspects des préoccupations de la population. Certains se sont demandé si les mesures de santé publique seraient durables dans les écoles et craignaient qu’une deuxième vague n’en résulte. Des frustrations ont été signalées concernant les recommandations précises qui étaient difficiles à mettre en œuvre : certains ont estimé qu’une meilleure communication de la part du gouvernement et un renforcement des mesures de santé publique et de prévention sanitaire étaient désormais nécessaires. Une certaine incertitude a été exprimée quant à la prochaine transition à effectuer et à l’avenir du système hybride. Faire confiance au personnel, prendre des décisions fortes et suffisamment à l’avance pour permettre leur mise en œuvre contribuerait à améliorer la situation. Une meilleure reconnaissance des efforts déployés par le personnel jusqu’à présent serait également appréciée. Une bonne formation et des informations visant à améliorer la santé mentale et physique permettraient d’assurer la résilience future.

Le vécu des écoles s’inscrit dans la gestion politique de la crise sanitaire. Celle-ci crée un sentiment de méfiance vis à vis des politiques, des experts, des organisations telles que l’OMS et l’EU. Il s’inscrit aussi dans la crainte, largement relayée par les médias et les expert, de voir émerger une 2ème vague de l’épidémie. La réouverture extrêmement partielle est en discordance avec la reprise du travail pour beaucoup de salariés et d’indépendants; qu’il soit au domicile ou sur site, la conciliation entre temps de travail et charge des enfants est pratiquement impossible, d’autant qu’il est recommandé aux grands parents ne pas être en contact avec leurs petits-enfants. (Belgique)

Nous avons besoin de plus de motivation pour améliorer les comportements et suivre les mesures, parce que le virus est toujours là. C’est pourquoi il encourage les compétences sociales pour améliorer la responsabilité sociale. Pour prendre soin de notre santé mentale, nous devons être résistants au virus, physiquement et mentalement, et les mesures les plus appropriées sont l’information et la formation. (Espagne)

Une meilleure communication gouvernementale et une meilleure organisation de la santé publique (prévention et soins) sont nécessaires. Rien de clair. Changement permanent. 63 pages de protocole de soins de santé tout simplement impossible à appliquer à l’école. (France, Gard)

Développer un véritable programme autour des compétences exécutives et de communication (pas l’utilisation d’internet mais bien: savoir communiquer avec les autres) des enfants d’aujourd’hui pour que les adultes de demain sachent mieux faire face collectivement aux crises de tous ordres qu’ils vivront inévitablement. (France)

Maximiser l’utilisation des instructions de diffusion radio ; utilisation des haut-parleurs de la communauté pour promouvoir les messages ; utilisation maximale des médias sociaux pour les réunions de consultation ; promotion des matériels et des formations d’IEC [Information, Education et Communication]. (Philippines)

Faire confiance au personnel dans les écoles et les accompagner dans les doutes et questionnements. (France, Loire-Atlantique)

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