Réussites et difficultés rencontrées lors du processus de réouverture

4 juin 2020 

Démarches locales, régionales et nationales de réouverture des écoles – second rapport d’analyse.


Résumé

Parmi les réussites constatées lors de la réouverture des écoles, on peut citer :

  • Un signe de retour à la normale dans le pays ;
  • Pas d’augmentation des contaminations au niveau national ;
  • Un bon travail d’équipe dans les écoles, avec des enseignants qui apprennent vite et qui s’adaptent
  • De bons partenariats et une bonne communication entre les différents acteurs – par exemple les écoles, les familles, les autorités locales et/ou les syndicats
  • Une bonne préparation et une adoption réussie des mesures recommandées

Les principaux leviers perçus pour la réussite du processus de réouverture des écoles (demandées spécifiquement aux répondants de langue française) sont les suivants :

  • Un bon travail d’équipe et une bonne communication entre les acteurs concernés – chefs d’établissement, autorités locales, équipes du personnel, familles
  • Des directives claires et cohérentes et une bonne adoption des mesures recommandées
  • La fourniture des ressources et équipements nécessaires
  • De la bonne volonté, du dévouement, de l’engagement et de la confiance

Les difficultés signalées lors du retour mentionnent :

  • Des craintes pour la sécurité et de la résistance à la réouverture de la part des parents, des enseignants et des syndicats
  • Un manque de temps pour se préparer/ un manque de ressources/ un manque d’équipement
  • Des problèmes logistiques y compris dans les locaux scolaires et des difficultés de mise en œuvre
  • Des inquiétudes quant aux conséquences négatives sur l’éducation au cours de cette période (les élèves ne sont souvent pas à temps plein)
  • Des informations contradictoires et des problèmes de communication
  • Des problèmes de santé mentale et la lassitude du personnel
  • Un manque de consultation / d’autonomie laissée au niveau local et un manque de confiance

Réussites constatées lors du processus de réouverture

Dans le questionnaire en anglais, les répondants ont été invités à réfléchir aux raisons pour lesquelles cette réouverture s’était bien déroulée. En ce qui concerne la pandémie elle-même, certains répondants se sont dits soulagés que le retour se soit produit, ce qui est un signe que le pays était en train de revenir à la normale. Un répondant de l’Australie, dont les écoles avaient rouvert leurs classes plus tôt que d’autres pays au moment de l’enquête, a indiqué qu’ils n’avaient pas constaté d’augmentation des infections. Un bon travail d’équipe avait été constaté, et les enseignants avaient fait preuve de souplesse pour réagir aux changements rapides imposés dans les modes d’apprentissage. Une communication efficace et régulière entre les différents acteurs a également contribué à ce que les choses fonctionnent bien.

Islande – https://www.covid.is/sub-categories/children-and-teens

Aucune augmentation de la Covid 19 dans le secteur de l’éducation et amélioration des résultats scolaires. (Australie)

 Courbe d’apprentissage rapide des enseignants et flexibilité. (Pays-Bas)

La bonne préparation et le dialogue entre les autorités, les réseaux scolaires et les syndicats d’enseignants chaque semaine pour permettre de la souplesse dans les mesures prises. (Belgique)

Dans le questionnaire en français, les répondants ont été invités à se prononcer sur les principaux leviers pour la réussite du processus de réouverture. Les réponses ont porté sur des sujets semblables, mais elles étaient souvent plus détaillées. Le travail d’équipe dans les écoles a été jugé important par de nombreux répondants – principalement au sein de l’équipe scolaire, mais aussi en communiquant régulièrement avec les familles. Le rôle central des chefs d’établissement a été souligné, tout comme l’importance de travailler avec les autorités locales. Des recommandations claires et cohérentes sont nécessaires pour que les écoles puissent mettre en œuvre les procédures, qui doivent être complétées par la fourniture de l’équipement nécessaire à leur mise en oeuvre.  Les qualités humaines de bonne volonté, de dévouement, d’engagement, de respect et de confiance ont toutes été mentionnées, y compris l’esprit créatif du personnel scolaire.

L’accompagnement des équipes est facilitatrice pour mettre en place les protocoles. L’implication des directeurs d’école et des principaux de collège est déterminant pour la réussite de la mise en œuvre concrète et la résolution des difficultés pratiques. Un autre point déterminant est le travail collaboratif avec les collectivités locales en responsabilité des locaux en particulier les Mairies. (France, Provence-Alpes-Côte d’Azur)

Une bonne préparation, à la fois administrative et pédagogique. Une information individuelle sur les conditions de la réouverture. (Tunisie)

Coopération de tous, large diffusion de informations, mises à disposition de procédures et de matériau d’hygiène (Nouvelle-Calédonie)

L’engagement politique des collectivités. L’esprit créatif des enseignants et directeurs. Le temps de préparation et d’anticipation accordée en amont. Le partenariat entre les familles et les enseignants pour réfléchir ensemble aux conditions de reprise. La mise à disposition de ressources inspirantes et guidantes. Des temps d’échanges de pratiques entre établissements. (France, Normandie)

Difficultés rencontrées et défis à relever au cours du processus de réouverture

Les craintes exprimées par les parents et le personnel scolaire par rapport à la sécurité, et par conséquent la résistance au retour à l’école, ont souvent été signalées comme un défi pour la réouverture. La situation a été d’autant plus compliquée par le fait que de nombreux locaux scolaires n’étaient pas adaptés pour la mise en œuvre des recommandations (comme le manque d’espace). De nombreux répondants ont mentionné des problèmes logistiques fondamentaux – par exemple, les écoles en Namibie souffraient de pénuries d’eau dans le contexte de la nécessité de se laver fréquemment les mains.

Beaucoup de réflexions sur le personnel ont été rapportées, ce qui est tout à fait compréhensible, qu’il s’agisse de l’absence de membres du personnel devant rester chez eux pour des raisons médicales ou familiales, ou du besoin de plus de personnes pour accompagner les petits groupes, de la santé psychique et de la motivation des enseignants et de la perte de possibilités de stage dans le cadre du processus normal de formation professionnelle.

Des problèmes de communication, y compris des informations contradictoires et le manque de temps pour mettre en œuvre les recommandations, ont été signalés. De nombreux répondants ont reconnu que le retour à l’école n’était pas un retour immédiat à la scolarité d’avant la pandémie. Ils se sont montré préoccupés par la question des inégalités en matière d’éducation, étant donné que l’apprentissage à domicile à temps partiel reste souvent nécessaire. Ils ont aussi souligné les enjeux humains, notamment les problèmes de santé mentale, la lassitude et la tristesse des enfants face à la réorganisation des locaux. Un manque de confiance, un sentiment d’impuissance au niveau local et un manque de consultation ont également été signalés.

La réticence des parents d’élèves. La peur d’être contaminés. (Sénégal)

Nous sommes une grande école avec peu de marge de manœuvre dans le respect du protocole : couloirs étroits, un seul étage, peu d’escaliers. (France, Val-d’Oise)

L’approvisionnement en eau potable de certaines écoles dans certaines régions demeure un défi et le ministère de l’Éducation, des Arts et de la Culture travaille actuellement sur ce dossier avec le ministère de l’Agriculture, de l’Eau et des Forêts. (Namibie)

Le personnel qui protège des personnes dans leur famille ne pourra pas revenir facilement. (Angleterre)

Le programme de formation pour 2020/2021 doit être ajusté, de nombreuses opportunités de stages ont disparu. (Pays-Bas)

Les ordres et les contre-ordres, le manque de communication de la part des représentants du Ministère. (France)

Trop peu de temps pour s’organiser à partir du moment où les décisions sont prises par le Conseil National de Sécurité. (Belgique)

Il faut élaborer de nouvelles méthodes éducatives et de nouvelles techniques de communication pour que le travail scolaire lié à la réduction du temps de présence physique en classe, puisse être fait à la maison (Allemagne)

Nous sommes dans une phase de transition, sans savoir très bien de quoi sera faite la phase suivante.  L’enseignement se prépare pour l’ouverture des centres, avec de nombreuses incertitudes et on semble privilégier la conciliation plutôt que les mesures éducatives. (Espagne)

Beaucoup de fatigue physique et morale et peu de soutien (France, Auvergne-Rhône-Alpes)

Lire la suite du rapport :